Contributions et débats

Lekhrif

Tout a changé, en Kabylie en général et au village en particulier.

Il n’y a pas que les habitudes alimentaires ou vestimentaires qui ont changé, dans notre société d’aujourd’hui. Nos US et coutumes ont en pris un coup.

Avant, à notre époque, jusqu’aux années 1980, quand on était aussi jeune que les Internautes d’aujourd’hui,  on n’avait pas autant de distractions, surtout en été pendant les vacances scolaires. Il n’y avait pas de plage où aller et pas de véhicules pour nous y amener, il y avait certes Tamda Tsiloult mais c’était dangereux de s’y baigner et nos parents nous interdisaient d’y aller. On s’occupait à garder les animaux domestiques et on profitait pour dérober les figues. A l’époque, il y avait beaucoup de figuiers.

En cette période de Lekhrif,  il y avait une course contre la montre entre les jeunes et moins jeunes qui chapardaient Tibekhsisine et les propriétaires des parcelles des figueraies. Ces derniers vont de très bonne heure pour la récolte de Tibekhsisine et les jeunes,   avant eux, étaient passés dans la soirée  d’avant, ce qui fait que tu ne trouveras jamais une figue bien mûre sur l’arbre.

Il y avait une horde de personne qui écumait les champs de figuiers. Aucun figuier ne leur résistait. C’est surtout la soirée ou la nuit. Il y en même qui se permettaient d’en ramener des sachets entier et qui en faisaient sécher, Ihvouven, alors qu’ils n’ont aucun figuier. On ne mangeait que cela et on ne rentrait à la maison que pour se coucher.

Maintenant tout a changé, plus personne n’en mange, surtout pas les jeunes et les moins jeunes ont tous des problèmes avec leurs estomacs. Les figues tombent à terre et il n’y a personne pour les ramasser, Il n’y a plus personne qui fait Ihvouven. Quoique ceux-ci, sur le marché, coutent très cher pour celui qui veut gouter aux saveurs du passé.

Le paradoxe c’est que les figuiers dépérissent, à vue d’œil, faute d’entretient, mais le peu de figuiers qui restent sont vraiment bien chargés et personne pour récolter leurs fruits. Ils tombent à terre et font le bonheur  de quelques animaux de passage. Dadda Lhachem Ait Oubessai doit se retourner dans sa tombe, car à son époque il passait des nuits blanches à surveiller ses figuiers il jouait au chat et à la souris avec quelques jeunes qui le narguaient...

Les figues ne sont plus un met de luxe, comme le disait Mouloud Feraoun dans son livre « Les jours de Kabylie »….

Enfin ! Chacun va vivre son époque comme il l’entend. 

A défaut de satisfaire vos papilles gustatives, rincez vous l’œil avec ces quelques photos de  beaux fruits du terroir, bien juteux et gorgés de soleil, en souvenir du bon vieux temps pour certain.

Et si quelqu’un est de passage dans les environs et qui désire en gouter ,il n’a qu’à passer à la maison, il y du raisin et des figues et vous êtes  les bienvenus. 

Abdennour

Voir les photos

 

 

Débat  sur les problèmes du villages 

Commentaire reçu sur les News du village

Front Citoyen du SecourS FCS 11/05/2014

Azul fellawen,
Je tiens à remercier la remarque de notre sœur Linda ! elle a tout à fait raison, mais ce qui est impressionnant c'est de voir un village si beau avec de la belle peinture et des panneaux aussi attirants pour malheureusement séparer un village qui est très petit dans toute la région de Bouzeguene ( nombre d'habitant et de superficie), à coté de ça j'ai vu une photo qui m'a touché! celle du stade qui peut engendrer une catastrophe humaine! qu'est ce qu'on attends pour régler ce problèmes! les tombes de nos grands parents sont en danger nos familles sont en danger ! je lance un appel aux hommes honorable de notre village pour se réunir afin de réagir face à ce problème qui est beaucoup plus important que la peinture et les panneaux ! j'ai trois petites questions au passage si quelqu'un pourra me répondre: 

De quel droit on crée un club, on le finance au début et il porte le nom de notre village et on trouve seulement des attelète d'autre village à l'intérieur du club! c'est aussi facile d'utiliser le nom du village à ce point? 

Comment cimenter des routes qui ne sont toujours pas ouvertes ?Est ce que ce sujet d'ouverture des routes est clos ? 

A la fin j'aimerai remercier tous les gens qui travaillent pour la mosquée du village Hamdullah on a finalement une belle mosquée digne de ce nom ! merci à tous et à toutes[/b][/b][b][/b]


 

Je voudrais réagir au post de notre ami Front Citoyen du SecourS FCS  qui ne veut toujours pas s’identifié mais qui soulève quelques points d’interrogations à propos du village et c’est, surtout, pour cela qu’on laisse passer ce post.On lance donc le débat !

Il n’y a rien de personnel dans mes réponses mais comme on le dit, toujours discutons autour de TASLENT, comme on le faisait dans le temps.


 

A Front Citoyen du SecourS FCS : Tu ne veux, décidemment pas t’identifier pour qu’on puisse discuter sereinement. Et comme il n’y a pas de répondant pour tes interrogations et que tu soulèves des questions très pertinentes au sujet de l’accaparement du signe du village,par quelques uns, je vais essayer de te donner mon point de vue :

Penses tu réellement que notre village aura son aura, sans ces gens là ? il faut plutôt leur rendre hommage que de les critiquer.   

A ma connaissance ils n’ont rien demandé à la caisse du village.ils se débrouillent plutôt très bien dans d’autres disciplines sportives.

Tu dénies au gens qui jouent dans l’équipe du village, de ne pas le représenté en étant étrangers!  alors il faut le faire aussi pour la JSK,  penses tu que tous ses joueurs sont de la Kabylie. Tu as aussi l’équipe nationale, 16 joueurs sur 23 sont nés en France et l’équipe de France alors!   Allons allons, si vraiment l’intérêt     de notre village te tient à cœur, tu dois te réjouir  pour ce que font ces gens là. Si notre village commence à reprendre son aura à Bouzguène c’est grâce en partie à ces gens là entre autres.

Il faut savoir que notre village était renommé bien avant l’indépendance avec le responsable de la tribu (Amghar L’Aach) Idir Ait Ougawa, dans les années Trente . et Arab Ait Ali Oussaid , avec son génie, le village était considéré et écouté en ce temps là .

Après l’indépendance le village avait donné deux maires pour la commune ( Salah Ait Lhadj et Rabah Ait Ali Oussaid) et ce n’était pas par hasard.

Après, le village avait sombré dans l’oubli, on n’a plus la parole on était des simples figurants dans les principaux événements qui se déroulaient à Bouzguène. Et voilà quelques jeunes qui s’agitent et qui commencent à faire parler du village au sien de la Daïra, on voudrait les cassés. Moi je pense qu’il faut les encourager :

Quant à Toi Linda ,qui a apparemment,  mal réagi à la photo de la place du village, occupée maintenant  par les femmes. Tu sais, évidemment,  puisque tu es née et vécue au village, que la place LVIR était occupée depuis la nuit du temps, par les hommes, grands et petits, et que chaque quartier du village possède sa propre place ( Lhara Ait Mouhend, Lhara Ait Oubessai, Lhara Ait Ali  etc. ….) ces places là étaient occupées,  à de rares exceptions, exclusivement par les femmes.

Une anecdote : notre cher ami  feu Nacer Ait Ali Oumeziane, qui nous a quitté très tôt et très jeune, avait repris à son compte une formule de politesse d’un homme du village qui, en passant devant un groupe de femmes( ou il  y avait pourtant un  homme parmi elles) les saluait toujours par Aalkhir fellakent (bonjour sur vous les femmes), alors que l’usage voudrait, puisque il y avait un homme, de dire Aalkhir fellawen  ( bonjour sur vous les hommes). Et bien Nacer, pour détendre l’atmosphère en arrivant au lycée,  saluait lui aussi ses collègues  enseignants (hommes et femmes) par Aalkhir fellakent.( bonjour sur vous les femmes).

En commentant la photo, en disant que la place du village est occupée, maintenant, par les femmes, c’est pour relever le changement qui s’ opère dans notre société. Ce qui est désolant et frustrant pour ceux qui avaient connu l’ancienne place du village des années soixante et soixante dix.

Quant à la mosquée qui te parait belle . tu dois savoir que l’ancienne mosquée à son époque, était la meilleure de la région. Elle  avait été érigée par nos ancêtres ; tous les villageois avaient participé à son édification. Il n y avait que le maçon qui était étranger. Ce que ne peuvent revendiquer les responsables actuels, ils ne se sont jamais salis  les mains. 

Quant à au sigle Front Citoyen du SecourS FCS ,  tu voudrais bien nous éclairer on va sûrement y adhérer.

Abdennour

 


 Suite à la contribution de Amar Oumessaoud

 Adrar

 Il faut distinguer trois périodes dans l’histoire d’Adrar :

  •  Avant l’indépendance
  •  Jusqu’au début des années soixante dix
  • De nos jours.

  Image011Image001 1Adrar : C’est la région située juste au dessus des villages Ait Iken et Ibekaren et jusqu’à la limite de la forêt Akfadou. C’est la propriété principalement des villages Ait Said et Ibekaren. C’est une zone de pâturages. Tous les villages de la région peuvent y mener leurs bêtes mais les richesses, l’eau et les fourrages, sont les propriétés exclusives de notre village.

  Adrar  ne permet pas seulement  de fournir des fourrages pour l’hiver et le pâturage  des bêtes, toute l’année, mais aussi et surtout de l’eau. C'était aussi avant que notre village et celui d'Ait Aicha, ne captent ses eaux, une zone humide, une zone de transit pour les oiseaux migrateurs.

 Notre village est le seul avec Ait Aicha, Ait Salah et Ait Ikhlef, (en fait la région limite de la forêt d’Akfadou et de la Wilaya de Bougie.) à avoir ses propres sources d’eau potable et qui n’avait jamais besoin de l’Etat.

  Avant l’indépendance.

 Adrar servait pour les pâturages, les fourrages, le ramassage du bois de chauffe et du bois pour les charpentes des nouvelles constructions.

 Une petite région, Tibhirine Geghzar, servait surtout de jardin potager. On y cultivait, au printemps et en été, toutes sortes de légumes. Il y avait aussi des vergers, pleins de vigne et de figuiers. Chaque famille avait sa petite parcelle et presque toute la vie des villageois s’organisait  là-bas. On possédait aussi de très grands troupeaux de moutons et de chèvres, qu’on sortait le matin et qu’on ramenait le soir. Pendant la guerre, Adrar était devenu zone militaire, zone interdite, personne n’a plus le droit de s’y rendre, sous peine d’être abattu sans sommation. Ce qui était arrivé d’ailleurs au Chahid Ali Ait Ali.

 Après l’indépendance et jusqu’aux années soixante dix.

 Les gens ayant délaissé les jardins potagers pendant la guerre, ils avaient  abandonné complètement Tibhirine Geghzar, sa source ne servait plus qu’à alimenter Assif Ousserdun. C’était aussi sa source principale. Jusqu’au début des années soixante dix, avant qu’on ait capté les eaux, il y’avait beaucoup d’eau dans l’oued. Tamda Tsiloult était réputée. En été elle était très fréquentée par les jeunes et moins jeunes de toute la région qui y venaient se rafraichir et se baigner,  avant de découvrir les plages d’Azzefoun.

 Les hommes, quelques uns avec leurs familles, étaient partis en ville. Adrar ne servait plus que pour les fourrages et les pâturages.

 Les débuts des années soixante dix ont marque une révolution à Adrar avec le captage des eaux.

 Notre source principale Tibhirine Geghzar.

 Lieu mythique. Tibhirine=jardins potagers, Geghzar =rivière.  

 Tibhirine Geghzar constituaient le jardin potager de plusieurs familles.

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La source principale était très convoitée, particulièrement par le village Ighrayen. Il voulait à tout prix se l’accaparer, d’autant plus qu’à l’époque, il n’y avait aucun moyen de l’acheminer vers le village. Le lieu est certes plus élevé, 1000m d’altitude, alors que le village n’est situé qu’à 800 m, il est impossible de franchir le col de Tizi qui, lui, culmine à presque 1500m.

 Avec le forcing de l’époque le village avait consenti à céder une certaine quantité d’eau ( 20 litres je crois sur 120 litre/mn de débit de la source) au village Ighrayen. Le village n’avait jamais imaginé faire couler l’eau de Tibhirine Geghzar dans ses fontaines.

 Les autorités communales, sous l’impulsion de certains villages voisins, avaient décidé d’agir et de ramener cette eau aux villages nécessiteux, malgré l’opposition de notre  village. Un bras de fer était engagé entre le Maire de l’époque et les responsables du village. Il faut savoir qu’à l’époque l’Etat était très puissant, on ne badinait pas avec l’autorité.

 Les responsables du village avaient pris les devants, ils avaient contacté un ancien conducteur des travaux  de tous les captages de la willaya de Tizi Ouzou, Mr Ihemouten, Ingénieur. Il était venu avec son  altimètre. Après avoir mesuré toutes les crêtes, il avait trouvé un passage à travers  les montagnes. Faire  un très grand détour en passant au dessus du village Ighrayen (Tefreg) pour arriver à Tizgui au dessus du village Tazrouts. Le tracé n’était pas linière ni en pente régulière, il fallait monter et descendre sur des centaines de mètres.

 L’impossible était devenu possible. Sur le champ,  la décision était prise de capter, au plus vite, cette source et l’acheminer au village. Prendre de court les autorités qui se préparaient, elles aussi, à commencer les travaux.

 On avait contacté le village Ighil Tiziboua pour partager les travaux et les frais, en revanche on partagerait aussi équitablement  l’eau. C’était un projet titanesque pour le village, ramener l’eau à plus de 15 km à travers la montagne, sans aucune aide de l’état et à la force des bras.

 Dans la semaine, les deux villages avaient lancé les travaux.

 Mobilisation générale. Ordre était donné pour que tous les hommes montent avec pelles, pioches et bêtes de somme. N’étaient resté au village que quelques vieux, très âgés qui ne pouvaient supporter la marche. Ceux du bled vont travailler bénévolement et les émigrés (ceux qui vivent et travaillaient hors du  village) et ceux qui travaillaient dans l’administration en générale, vont cotiser régulièrement, pour payer les matériaux.

 Pendant trois à quatre mois on montait tous les jours et personne ne pouvait se défiler. Quelques temps après on montait à tour de rôle, les jours de semaine et tout le monde les weekends et cela pendant toute la durée des travaux, plus de deux années. L’Ingénieur était hébergé au village, on avait réquisitionné un cuisinier, pour lui préparer, spécialement ses repas et un mulet pour ses déplacements.

 Les plus malheureux étaient les gens sans revenus, les journaliers. Rare à l’époque les gens qui avaient d’autres revenus que ce qu’ils gagnaient quotidiennement. Vous ne trouverez pas quelqu’un pour vous avancer un peu d’argent, personne n’en avait. Les seuls à avoir une rente étaient quelques vieux à qui leur pension ne suffisait pas beaucoup. Tout le monde souffrait mais on ne peut s’absenter au travail. Les responsables de l’époque étaient très à cheval sur le travail et la discipline, on ne tolérait aucune absence, il fallait faire vite, devancer les autorités.

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Quelques années plus tard, l’eau coulait à flots au village. Une  fête grandiose avait été organisée, pour marqué l’événement. On était devenu presque le seul village dans la région à avoir autant d’eau. On avait installé des robinets dans chaque quartier. Jusqu’à maintenant cette source suffit amplement, pour les besoins de la population, on ne souffre pas du manque d’eau en été, le calvaire des tous les villageois de la région. Quoique que l’Etat ait mis les grands moyens pour alimenter les villages en eau potable ,le notre y compris, avec la source d’Adardar, ramenée d’Ait Ziki, elle aussi à travers la montagne, mais au vu des récurrentes coupures d’eau, en été, on avait renoncé à utiliser l’eau N DOULA  comme on disait.

 En réalité, il n y avait pas seulement cette source, mais il y ‘en avait une dizaine d’autres de moindre importance qui étaient captées au même temps.

 Maintenant que la vie au village est agréable et facile, avec l’arrivée du gaz de ville. Il faut toujours avoir une pensée pour ces gens là, ceux qui ont souffert, qui ont permis qu’on vive agréablement au village surtout en été. Les  autres villageois des alentours vivent, eux, un clavaire en été pour s’approvisionner en eau.  Ce qui est désolant maintenant c’est de voir que quand il y une coupure d’eau au niveau des canalisations, il n’y a personne pour faire les réparations et cela durait plusieurs jours comme cet été. Nos parents doivent se retourner dans leur tombe. Quand à ceux qui sont encore en vie, ils sont tristes en pensant  au temps béni….en voyant tout le monde s’en foutre royalement des réparations …(on en reviendra dans une autre contribution)

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Les hommes qui avaient marqué cette époque, c’était l’Hadj Hend Ait Ali Oussaid, Rabah Ait Oubessai, Lounis Ait Lhadj et beaucoup d'autres à qui on doit rendre hommage un jour. Tiens une idée aux jeunes qui avaient rendu hommage dernièrement au Cheikh Louhab.

 Anecdote : C’est, je crois, Arab Ait Ougawa qui avait demandé à ce qu’on l’enterre, le jour de sa mort, avec une lettre aux morts du village, pour leur annoncer que l’eau de Tibhirine Geghzar coule au village, car on ne le croirait jamais, c'était utopique. C’est ce qu’avait demandé avant lui, un autre citoyen quand l’eau de Boualem, dans les années trente, était arrivé au village.(on reviendra sur cette histoire un autre jour)

 Suite avec photos plus tard.                                                                                                                                                                                                                                                  Abdennour

  

 

 

 

 

 


     

ADHRAR pour parler un peu de son importance pour le village

        Un lieu d’élevage non contesté.Son sous sol regorge d’eau potable.Le foin qu’il procure aux citoyens est d’une meilleur qualité. Adhrar a joué un role important dans la cohésion sociale .

      ADHRAR signifie montagne généralement tout lieu élevé ,au village il suffit de parler de ADHRAR pour que tout le monde comprend de quel lieu il s’agit. Jadis , considèré comme le fleuron du village Ait Said de part son importance et l’intérêt qu’il représentait aux yeux de la quasi-totalité des citoyens du village, aucune personne ne peu dire qu’il n’a jamais mis les pieds ou avoir fait une rondonnée dans les lieux, le moindre coin et recoin est connu par tous.     Adhrar etait farouchement gardé et préservé par le village ,sa vaste étendue , sa couverture végétale, très variée et son fieffe parfaitement adapté pour l’élevage, activité principale et source de revenu des citoyens du village.

     Il permettait aux trois troupeaux que comptait le village ( voir contribution de da abdenour sur les trois troupeaux) de brouter à longueur d'année.    En allant à ADHRAR ,deux itinéraires principaux étaient fréquentes par les bergers notamment le troupeau de moutons.  en arrivant en amont du village, Ait Ikene, certains préféraient emprunter la route principale et passer par Loudha Boudrar justement pour profiter de l’eau fraiche d’une source sise en avale de TIZI TAMENT appelée «  L’AINSAR AISSA » pour s’engouffrer ensuite dans la vallée d’ALMA GUEZGARENE, passage obligatoire pour marquer une pose bien meritée pour le berger et les bêtes aussi , et finir la longue marche à THIVHIRINR GUERGZAR pour se protéger de la chaleur torride de l’été.

      D’autre, par contre, préféraient emprunter un autre itinéraire beaucoup plus escarpé en passant par THIVARANINE puis AZROU NESSIAAKA,  pour marquer une pose à TIZI TAMENT.  Sans ménager d’ailleurs  aucun effort pour conduire lex troupreaux. Les betes connaissaient parfaitement le chemin, ils se dirigeaient directement vers TIVHITINE GUERGZAR en passant par THIRSSINE et AHMAME NESSAADHI.   

       Par ailleurs , l’importance que représentait ADHRAR pour le village a fait penser aux citoyens durant les année 70 ? à édifier un lieu de rassemblement du troupeaux, notamment celui des vaches durant l’été, période de « TIKOUK » ou les vaches étaient souvent gênées par un insecte, qui les poussaient à s’abriter dans un lieu frais . Il s’agit de « LAAZIV ATH SAID », construction faite en dure dont les citoyens ont largement contribuer à son édification, aujourd'hui complètement abondonné et laissé en ruine .   

       L’abattage du foin et la principale préoccupation du village, il prenait une large place dans les débats durant les réunions,.comment organiser l’activité ? faudrait il designer quelqu'un pour la garde de ADHRAR ou bien à tour de rôle ? il faut aussi se mettre d’accord sur la journée ou les citoyens montent en même temps.

C’est dans la période de fenaison que le rôle des mulets et baudets se manifestait le plus et chaque citoyen possédait au moins un âne. Aujourd'hui cette activité est presque disparue.

       Mais la richesse principale de ADHRAR se trouve dans son sous sol qui regorge d’eau potable, le dernier besoin vital qui unis le destin des citoyens du village,  aujourd'hui .la source de THIVHIRINE GUERGZAR est la principale.

      On  nous raconte qu’elle est convoitée par d’autres villages et c’est grâce a l’engagement de nos parents malgré les moyens humains et matériels très limites a l'époque, qu’ils ont pu faire parvenir l’eau jusqu’au centre du village avec la contribution du village Ighil sur une longueur de presque 15 KM . 

       Pour les besoins de mémoire.dans quelles conditions le projet a été réalisé ? qui sont les responsables de l'époque ? comment les citoyens ont ils contribué au projet ?

Amar Oumesaoud


 

Pour répondre à tes  interrogations (sous toutes réserves) à Amar.

TAMUQINT

 (Interdiction de cueillir les figues avant l’heure. Même dans votre propre jardin sous peine d’amende).

 Au fur et à mesure que les figues mûrissaient, il n‘y aurait que peu de gens pour en profiter et en général les plus futés ou les jeunes en l’occurrence. Mais en interdisant ces premières cueillettes, on permettait aux figues de mûrir en grade quantités et ainsi permettre à beaucoup de gens d’en profiter.

Lire le livre  de Mouloud Feraoun « Les jours de Kabylie ».

 Pour faire respecter cette disposition on faisait jurer les gens ( A HEQ RJAMAA AGI UR ARZI ϒ  L QANUN TADART UR WALAϒ  YIWEN YARZAT)

 

Je jure que je n’ai pas transgressé le QANUN et n’avoir pas vu quelqu’un le faire. Ou alors payer l’amende.

La majorité des gens préférait payer l’amende que de dénoncer quelqu’un. 

Dans notre jeunesse, en allait faire paitre  nos bêtes, en été principalement, à IRSAN, là ou il y avait beaucoup de figuiers.

Bien entendu, pour faire respecter le QANUN, on faisait garder les champs de figueraies à tour de rôle. Chaque jour une personne était désignée pour la corvée, comme on le fait jusqu’à maintenant pour surveiller les pâturages à ADRAR.

On s’arrangeait  donc, nous les jeunes de l’époque,  avec la personne, chargée de la garde. On devait lui remplir son sac d’UJIK  (les figues pas mûres tombées à terre pour les bêtes) et lui fermait les yeux. Il fermait réellement les yeux pour ne pas nous voir grimper sur les arbres et chaparder les figues. Car le jour de l’Assemblée générale du village il devait jurer n’avoir vu personne transgresser le QANUN du village.

Cette pratique n’est plus usitée, faute de figuiers. Il n’y a pratiquement plus de figues à voler à IRSAN ou à TABERABT terrain au dessus du village d’Ait Iken. Il ne reste plus aucun figuier comme d’ailleurs à IRSAN.

 Dans les pratiques ancestrales, il était permis, après le délai d’interdiction, de cueillir, pour les étrangers, les figues sur des figuiers situés en bordure de chemin. A la condition qu’on n’y monte pas sur les arbres. L’usage voudrait de n’y cueillir qu’une ou deux figues pas de remplir un sac. Le propriétaire n’a rien à redire pourvu qu’on se conforme aux usages.

 Toute personne principalement les femmes, qui revenait des champs avec un couffin plein de figues se devait d’inviter toute personne qu’elle rencontrait sur son chemin à se servir, en lui présentant son couffin. L’usage voudrait qu’on ne prenne qu’une ou deux figues, on ne devait pas en abuser.

Toutes ces pratiques sont maintenant perdues faute de figuiers.

 TRAHI

 TARHA, TRAHI au pluriel, aire (terrain) d’exposition et de séchage de figues ou d’olives.

Dans le temps, chaque famille possédait son coin pour faire sécher ses figues. Ce terrain est situé à l’endroit ou est érigée  l’ancienne école coloniale, la salle de réunion du village actuelle, tout prés du cimetière.AHMAME TURIRT. TRAHI AT ALI USAID étaient situées dans le carré actuel ou on enterre nos défunts. 

On y faisait sécher les figues, pratique très contraignante, il fallait étaler les figues le matin et les ramasser l’après midi. Au cours de la journée, veiller à ce qu’il ne pleuve pas. En automne  le temps change continuellement.

 Je me souviens qu’on faisait sécher, aussi, les olives tout  l’hiver, les étaler le matin puis les ramasser le soir, pendant plusieurs semaines. On les faisait ensuite cuire avant de les faire passer A LEMAINSRA (au pressoir à huile) cette pratique n’a plus cour. Il faut savoir que dans l’agriculture moderne les olives cueillies dans la journée doivent être triturées dans les 24 à 48 heures.

Ar tufat


Azul fellawen.

Moi je suis de l’ancienne école, nostalgique du bon vieux temps ou les esprits n’étaient pas troublés. On vivait en harmonie  avec notre religion et avec le bon Dieu. Je parle de la période antérieure, surtout d’avant l’indépendance de l’Algérie et  jusqu’ au début des  années 1980.  

Bref : Je veux vous entretenir  des activités des gens du village, de certaines pratiques et usages.  

Aujourd’hui  je vais vous parler d’une activité très important pour le village. AJEMAA  et AQDHAR  = troupeau.

Il y avait trois sortes de troupeaux :

AJEMAA : troupeau de chèvres et de brebis

AQDHAR : troupeau de vaches

AQDHAR : troupeau d’ânes et de mulets.

              Presque toutes les familles du village possédaient  une ou deux chèvres ou brebis. Ils convenaient de les faire paître à tour de rôle. Comme le village possédait d’énormes espaces de parcours (là où les bêtes mangent) à  ADRAR principalement. A l’époque rare les gens qui achetaient le mouton de l’Aid. Tous élevaient leurs bêtes, pour l’Aid et pour le Lait. D’ailleurs le lait, tout comme le pain ne se vendaient pas.

Avant l’indépendance :

 

Les familles aisées, à l’époque, étaient celles qui avaient des terrains et des troupeaux de chèvres et de moutons mais aussi une vache, un mulet  ou un âne et surtout  une paire de bœufs.

On vivait principalement des  produits de la terre et de l’élevage. Les gens travaillaient à l’extérieur en ville ou en émigration,  juste pour avoir un peu d’argent pour surtout payer les impôts.  Il faut savoir que les gens payer des impôts sur tout. Sur les terrains, les animaux etc. Celui qui ne peut pas s’acquitter de ses impôts, on lui saisissait une parcelle ou deux de terre, qu’on vendait aux enchères. Bref on en reparlera…..

 

Chaque grande famille possédait son troupeau. C’était  un adolescent de la famille qui était chargé de le  faire paitre ou on ramenait  un jeune homme d’une famille pauvre du village ou d’un  village environnant, ACHRIKH. C’était surtout  un enfant d’une région éloignée. On l’adoptait, on le mariait parfois. Lire le livre ou le film « la colline oubliée ».

Les autres familles s’organisent pour regrouper leurs bêtes et vont les conduire aux champs à tour de rôle.  Tous les matins les gens sortaient leurs bêtes à la place du village et à une heure bien déterminée. Le berger n’attendait pas, il faut arriver à l’heure. Si vous ne pouvait pas assurer votre tour, vous pouvait toujours payer un jeune du village pour vous remplacer. Si vous n’êtes pas disponible le jour même, vous pouvez toujours échanger votre tour avec quelqu’un d’autre.

Avant la guerre c’étaient surtout les hommes et jeunes hommes qui s’occupaient  du pacage des bêtes. Mais après l’Independence, les hommes étaient partis  travailler en ville. Il ne restait  que les femmes, elles avaient pris le relais  et faisaient tous des travaux  qui étaient dévolus aux hommes  auparavant. 

Les trois troupeaux sortaient en même temps pour une balade à travers champs de presque 10 Km, le soir retour au bercail. Evidemment le berger fait aussi le  vétérinaire quand une bête se blesse ou elle met bas un petit. Les jeunes en   profitent parfois pour traire les chèvres et faire du fromage (AGOUGLI) très délicieux d’ailleurs.  Personnellement au début des années soixante je menais notre vache aux champs tous le temps.  Nous les enfants, à l’époque ne profitant pas des produits de la vache, IKIL et IGHI, ma mère trop généreuse donnait tout aux voisins et aux cousins… Plus tard je prenais mon tour pour l’AJEMAA.

Mais la période qu’on aimait le plus, nous les jeunes, c’était les grandes  vacances d’été, on menait les bêtes (ânes et mulets) aux champs, a IRSAN  principalement, pour les faire paître et surtout pour les monter et faire la course. C’étaient des moments d’insouciance, les corps et les esprits étaient saints on ne pensait qu’à s’amuser.  Moments inoubliables.

PS : Ma mère, jusqu’à la fin des années soixante, possédait : une chèvre avec ses petits, une brebis, une vache et un âne. Elle faisait donc les trois tours de berger. Il faut savoir qu’à l’époque les femmes étaient très actives. Elles faisaient tous les travaux des champs et bien entendu le ménage.

A travers ce récit, je veux surtout rendre hommage aux femmes, comme le souhaitait Amar Oumessaoud. Plus tard on discutera des autres activités. Le débat est ouvert, toutes les contributions sont les bienvenues. On attend vos réactions.

Vous pouvez me joindre directement à  ma boite : sadabdennour@gmail.com

 

 Abdennour

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