Des correspondances adressées à :

La Présidence de la République à propos de quatre jeunes martyrs du village. Affreusement torturés puis jetés au fond d’un puits, que les autorités locales avaient laissé là sans sépulture, depuis l’indépendance de l’Algérie. Cela fait maintenant plus de 50 ans.

Un appel aux moudjahidine de la région pour instituer la maison de Salem Outahar comme Musée. Cette maison était le PC de la W III durant l’Opération Jumelle pendant la guerre d’Algérie.

CourriersCourriers (8.46 Mo)


 

Lettre de Salem Outahar

Salem
Salem 02

Lettre pour la présidence

Presidence01
Presidence02

Lettre pour les Moudjahidine

Appel moudjahidine
Bordereau

Histoire de Révolution de 1954 

Bataille historique qui s’était déroulée en REGION 4,  ZONE 3,  WILLAYA 3.

À proximité du Village Ait Said,  Cne de Bouzguène, 

   Au lieu dit : Thighilt 

 Stele

 

Témoignages des  Moudjahidine:

  •  ACHIR   Tahar  présent lors de l’accrochage 
  •  OUAZAR   Idir  présent lors de  l’accrochage 
  •  YAHDENE  Mhend.  

 

                                                                                                                                                                                

               Nous étions dans la forêt de l’Akfadou durant le mois de mai 1959 avec notre   groupe  Commando,   composé  de  sept moudjahidine, dirigé par un brillant  lieutenant de l’ALN, décédé  au champ d’honneur  en  1960, appelé  Mohand  OUCHELHAV (CHELLAH    Mohand),   originaire du  village  Iguersafen commune  d’Idjeur, Daira de Bouzguène,   ce  groupe  a  toujours  opéré au sein de la  région 4,  zone 3   wilaya 3  qui  couvre les  Dairat  actuelles  de  Azefoun, Azazga et Bouzguène.

               Notre mission consistait surtout à approvisionner en armes, munitions et en denrées  alimentaires,  les membres  de  l’ALN  qui  activaient dans  le secteur  et  en particulier ravitailler les malades et  les blessés  qui  se trouvaient dans les infirmeries, et conformément  aux  Instructions  de  nos  responsables, ces  derniers  étaient  d’ailleurs  servis  en priorité.

                A la fin du mois de mai, le  29 mai 1959 exactement, à la tombée  de  la nuit ,  nous  étions  en route  pour  aller  dîner  au  village  Ibouyisfen, dont l’itinéraire a été  de la Forêt   d’Akfadou,  passer  par le  village  Ait Said,

                En arrivant au village Ait Said, vers 22H 30, on a été  rejoint par un autre groupe de la section quatre, dont SADAOUI  Lakhdar et HAMMOUCHE  Salah,    parmi  le  groupe commando les moudjahidine ACHIR TaharKANES   Akli, OUAZAR  Idir et MAOUCHE Ouramdane,  tout le groupe  était  dirigé   par  le  lieutenant Mohand OUCHELHAB ,                                             

                Après  notre  rassemblement,  nous   nous  sommes  résignés à  partir vers le village  Ibouyisfen,  qui   nous a  été  désigné par le  responsable du front  afin de  nous alimenter. Tout en prenant nos précautions, nous marchions  en file  indienne  dument espacés les uns des autres afin de parer à toute éventualité,  sait on jamais !  Les embuscades  des  soldats français faisaient des ravages dans nos  rangs, durant  la sinistre Opération Jumelle.

                Il  est  à noter  que  le  groupe commando,  bien  équipé,  était  confiant  avec la présence  de   Ali  MAGOURA, avec  son  fusil  mitrailleur,  arme  qui  tenait  en  respect  les  ennemis, même les  avions,   lorsqu’il crachait  son  feu  et  du   lieutenant   OUCHELHAV,  un   ancien  de l’armée   française, qui  avait  beaucoup d’expérience   sur   le  plan  militaire. Il y avait aussi d’autres moudjahidine. Une  cinquantaine d’années  après l’opération il est difficile de se  rappeler de tous les noms dont  la  plupart ne  sont  plus  de  ce  monde.

               Arrivés  juste au dessous  du village Ait Said, plus exactement à Thighilt des soldats  français étaient là, en embuscade, avec d’autres éléments postés plus à l’est sur une crête. Mahmoud de Tifrith  d’Akbou,  un  compagnon  de  lutte,  arriva le premier  et a repéré une ombre, il a fait un geste pour  s’arrêter  et pour bien distinguer  la  silhouette  derrière  un  arbre  et  les militaires français qui l’ont aperçu  les  premiers,  ont  tiré sur lui.

              L’attaque commença  et  des  rafales  de  mitraillette  retentissaient  de partout Mahmoud,  touché  par  une  rafale,  tirée  à  bout portant par un militaire embusqué non loin de lui, a perdu  la  vie  sur  le coup. L’accrochage  a  été  très violent,  car des deux cotés il y avait des armes de guerre  qui  crachaient le feu, heureusement pour  nous il  y’avait  Ali MAGOURA qui  suivait  derrière le groupe avec sa pièce mitraillette type  FM 24/29 et  il arrosa  à  son  tour  la  crête  où  se trouvaient les militaires français, qui tiraient sur nous avec toutes sortes d’armes. 

              L’intervention  de  Ali MAGOURA, avec sa pièce,  a déstabilisé l’ennemi et a créé un cafouillage dans ses rangs,  les militaires français croyaient probablement que les tirs de  la pièce provenaient de leurs camarades, ce qui était faux.

              Suite au désordre créé par les tirs de la pièce de Ali MAGOURA  les militaires français  arrosaient  leurs  compagnons  sans  le  savoir,  les  moudjahidine  ont  profité  de cette situation pour achever tous les militaires qui étaient au dessous de la crête.

               Le bilan  de cet  accrochage, malgré la surprise, était en notre faveur puisque selon les informations  que nous avons  eu  le  lendemain, faisaient état de vingt cinq  soldats français abattus.  Dans  nos rangs  il n’y avait  qu’un mort et sept moudjahidines  blessés. Blessés non par balles mais durant  notre  repli  où  nous  avions  eu  des  petits  désagréments  corporels. Quelques temps après l’artillerie ennemie  était  entrée  en  action,  juste après notre repli. Les obus pleuvaient de partout sur le village. L’artillerie du village  Ait Aicha notamment  où il  y avait un grand canon appelé AMGHAR NATH AICHA que redoutaient  les  Moudjahidine,  ses obus creusaient des trous d’où jaillissait l’eau, même  en été et malheur à celui qui se trouverait sur sa trajectoire. Des canons tiraient aussi des camps des environs, Bouzguène, Ifigha, et  Ahfir.                                                 

              Comme le terrain était connu des moudjahidines de la région, le repli s’été effectué  dans  l’ordre, sans être repéré par l’ennemi. Malgré l’effet de surprise, l’accrochage a  duré  approximativement  une  heure, deux   soldats  français,  qui   fuyaient,  suite  à   leurs blessures,  se  sont retrouvés coincés  entre  le  camp  militaire   français  de  Bouzguène et du village de Tizouine.                                                                                                                                                                                                                    Nous   avions  pensé  faire  une  offensive  afin  de  les  récupérer comme prisonniers,  comme  il  y avait beaucoup de soldats aux alentours notre responsable n’a pas voulu risquer ses hommes!  Bien dommage !  Ils nous ont échappé, cela aurait été une bonne prise pour nous.

            Le soir  la répression était  terrible sur les villages des environs, en particulier sur les habitants du  village Ait Said,  ils ont vécu  l’une  des  plus  terrifiantes  nuits  par des bombardements lancés de partout  sur  le  village. Plus de 36 obus de mortiers étaient tombés sur le village, par miracle aucune victime n’était à déplorer. Depuis ce jour du  30 mai 1959, le village a été encerclé  avec du fil  barbelé,  et  malgré  cela  les  villageois  n’ont  jamais  baisser les bras, ils étaient  en contact permanant avec  L’ALN,   pour  donner  des  renseignements  sur  le  mouvement de l’ennemi, recueillir les Moudjahidine, les nourrir et veiller sur leur sécurité et ils ont lutté avec le peu de moyens qu’ils possédaient jusqu’à l’indépendance. Il faut rappeler que le  village Ait Said servait de poste  de commandement au Colonel  SI   Mohand  OULHADJ,  chef historique de la wilaya III,  pendant l’Opération Jumelle. 

Gloire à nos Martyrs et que Dieu les accueille dans son vaste paradis 

 

                     Témoignages recueillis et transcrits par : Hammouche Ahmed  


Autres témoignages :

           Il me semble que durant cette opération un moudjahid blessé, en se repliant il ne pouvait  franchir une clôture, faite avec du fil barbelé et avait été fait prisonnier. A l’époque toutes les parcelles de terre, autour du village, étaient clôturées. Depuis ce jour les responsables de l’ALN avaient demandé leur démantèlement, pour permettre le déplacement rapide des moudjahidine.

Autre fait : Il avait était décidé aussi l’abattage de tous les chiens, car en aboyant la nuit ils signalaient le passage des moudjahidine.

 


 

Le débat est ouvert apporter votre témoignage !

On se doit d’écrire l’histoire de notre village, particulièrement durant la Révolution.

Ceux qui veulent contribuer peuvent nous contacter au sadabdennour@yahoo.fr

Abdennour

 

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