Idir Ait Ougawa

Hadj Idir Ait Ougawa.

 Selon l'état civil   Hadj IDIR  AT OUGAWA  est né en 1880  à Ait Saïd  douar At Idjeur

Fils de Mohamed  ben  Ahmed  et de  Rabehi Djouhra  bent Amar

Comme les enfants de son age, il a fréquenté l'unique école de la région à Ait Ikhlef, nouvellement construite

A l'issue de son cursus primaire, il est sorti parmi les meilleurs élèves

A l'age de 12 ans  (1892), il rejoint son père et son frère Arezki installés à Sétif

Il est inscrit à l'école complémentaire, ensuite au collège colonial (futur lycée Albertini puis Kérouani  à l'indépendance),  privilège à l'époque, puisqu'il futl'un des rare indigène,  en ce moment là,  à pouvoir yaccéder.

Au  collège il a côtoyé les futurs notables musulmans de la région ; que furent Ben Mahmoud Ahmed père de l'ex ministre de l'éducation nationale. Benbadis Abdelhamid « futur cheikh Benbadis  précurseur des oulémas algériens » plus tard installé à Constantine

Maiza Zerrouk qui fut plus tard proviseur du lycée Kérouani et professeur de Bélaid Abdesslam, Bachir Boumaza, AZOUAOU Hadj Mokrane (son neveu)  Benyahia Md Seddik, des frères Kellou, Aouchiche, Benhabylès,  Benabid  et bien d'autres hommes politiques algériens.

Tout en poursuivant ses études, il se débrouilla pour trouver des petits boulots. Il gagna si bien sa vie que ses professeurs, jaloux de sa réussite le dissuadèrent de continuer ses études et d'entrer dans la vie active. L'esprit français en cette date,  étant d'éliminer tout Algérien musulman voulant percer en études. Il relâcha ainsi ses études à quelques mois de l'examen de brevet élémentaire.

           Doté d'une forte intelligence,  force de la nature (il racontait qu'il soulevait, pour mettre sur une charrette, 100 kg de blé d'une seule main).

 Blond aux yeux bleus,  pour 1, 80 m  de taille.

Sonfrère l'embaucha aux établissements Audureau comme magasinier en1898. Par son sérieux,  sa franchise et son esprit de meneur d'hommes, il gagna la confiance de ses patrons qui lui confièrent le poste de responsable commercial.

Bien qu'installé à Sétif, il ne perdit pas le contact avec son village. Il fit partie   du conseil des sages. Ses fréquents allers-retours au bled, il les fait à pied. En ce temps là, il n'existait pas de moyens de locomotion. Quand il s'y rendait ,c'est toujours  un sac au dos, chargé d'approvisionnements pour les siens. Le trajet à pieds durait 03 jours.  Il ne se reposait que la nuit (parcours de Sétif, Bougaa,  Seddouk,  Ighzer Amokrane,  Chréa,  Houra,  Ait Said)

Participant  activement aux affaires du village ; il est le représentant du village pou rl'extérieur, de par sa culture arabe et française.

Ila été l'un des principaux organisateurs,  promoteur et précurseur des projets du village.

 

  • construction de la mosquée. C'est lui qui a la charge de tout ce qui concerne l'approvisionnement et l'acheminement  des matériaux de construction.
  •  construction de la première  fontaine publique du village (Abassane el vir)
  • Il approvisionna le village en tubes de fonte à partir de Bougie.
  •  aménagement de routes et accès,  fossés pour prévenir et dévier les eaux diluviennes hors du village afin de prévenir les inondations et glissement de terrain.
  • construction d'une annexe à la mosquée au cimetière du village  (AhmameTaourirt)  pour la prière sur les morts et lieu de réunion pour laTadjemaât.
  • plusieurs autres travaux d'utilités au village  que je ne peux énumérer.

 

    Par ses conseils judicieux, son sens d'organisation,  sa sagesse,  il était toujours présent avec les membres de la Tadjemaât pour trouver des solutions à toutes les questions qui se posaient.

Il participait également avec  la Tadjemaât Ait Said, pour régler et trancher sur des affaires en difficultés dans les autres villages. Sa personnalité, son sens d'équité,  de justice furent remarqués par les membres influents du douar.

C'est ainsi qu'il fut proposé  pour les élections d'AMGHAR EL ARCH, ou président de l'assemblée générale des tribus  (responsables de 4 à 5 douars) qu'il remporta haut la main (vers les années 1928)

Lui résidant à Sétif, c'est les membres de la Tadjemaât de son village qui ont fait campagne,  le travail de coulisse et d'alliance avec les autres villages et douars pour assurer son élection. Il s'acquitta de ses taches avec brio, que les populations de la région le gratifièrent de plusieurs mandats successifs. (Élections  par les urnes abulletin secret)

Le village Ait Saïd sous son impulsion rayonna sur toute la région.   Il est à remarquer que son secrétariat était tenu par ARAB AT ALIOUSSAID ; qui le remplaçait aussi en son absence.  Ce n'est qu'à la mort de ce dernier en janvier  1952, son ami intime, et confident qu'il se retira des affaires de l'assemblée générale des tribus.

Homme de dialogue,  intègre,  équitable ;  il a aidé les pauvres et soutenus les orphelins.

       On raconte, qu'il  a combattu au risque de sa vie, les excès des autorités coloniales (caids, gardes champêtres, gardes forestiers, administrateurs de commune, préfet etc.   Il a lutté de toute son énergie les dépassements ; et ne permettait à personne d'être lésé, ou blessé. Il rétablissait chacun dans ses droits avec l'administration locale.

Durant la période  de crise économique,  sociale,  de rationnement et de famine (1929-1945)  il avait organisé en relation avec la Tadjemaât  l'approvisionnement des populations locales en blé et orge à partir deTigzirt. En outre, il finança l'achat d'un moulin à blé et d'une huilerie moderne pour servir à l'ensemble des populations de la région.  Installé  au village Ibouyousfène.

Les équipements ont été ramenés de Bougie,  installés  et mis en marche par ARAB ATALI OUSSAID

La route goudronnée  s'arrêtant à l'époque à Ait Ghobri : il se démena auprès desa utorités du département pour continuer le tracé de la route jusqu'à Bouzeguène ; au grand soulagement des populations.

A Sétif, il fut l'un des premiers militants du MTLD de Ferhat Abbas, son ami. En1945,  il participa à l'organisation de la marche et manifestation pacifique dans la ville. Cette manifestation fut réprimée par l'armée coloniale et massacra près de 45000 Algériens.

Au déclenchement de la lutte armée (1954) ;  à laquelle il participa activement malgré son age.  Préjugeant des années difficiles, il entama des le début à la constitution d'un stock de sécurité en vivres aux populations et aux moudjahidine.

Ainsi par l'intermédiaire de Baha à Azazga et Akli Mohand Oulhadj (qui lui a succédé au poste Amghar el Arch) futur colonel de la wilaya 3  historique ;  il dota larégion d'un approvisionnement important. Ceci n'a pas échappé à la vigilance du  sous-préfet d'Azazga, pour qu'ensuite il opposa un  embargo général dès 1957.

ASétif, il a constitué un réseau de transfert d'armes et de munitions vers laKabylie, avec le concours de Braham At Braham du villageIbekarène. En1957, il a été arrêté et torturé par les militaires français au camp de Takheroubt, s ur dénonciation de Caïd. Il lui reprochait ses activités militantes,  subversives et son lien de parenté avec le colonel Mohand Ouelhadj. Au capitaine de la SAS qui voulait l'emmener àcollaborer :  I llui proposa de remettre un courrier à Mohand Ouelhadj.  Hadj Idir lui rétorqua (au capitaine)  qu'étant militairec omme lui,  et s'il avait le courage, il irait  bien lui-même le lui remettre dans les djebels.

A cette réponse sèche,  il fut torturé (séquelles qu'il garda jusqu'à sa mort)  etmis au cachot.  Il ne dut son salut qu'à l'appel de ses patrons de Sétif qui étaient intervenus auprès du général commandant le secteur de Kabylie pour le relâcher.  (La cause, il gérait un portefeuille de créances assez importantes sur des clients ;  et que lui seul était au courant)

A Sétif, il était un responsable actif et écouté au  sein du FLN. Repéré par les autorités militaires françaises pour ses activités en 1960. Ses patrons sachant qu'il était dans la ligne de mire des militaires,  pour y être arrêté plusieurs fois ;  et avec leurs complicités (patrons), il dut se réfugier à Bougie jusqu'en 1962.

A l'indépendance,  à la nationalisation des propriétaires français ;  il fut élu président de comité de gestion des moulins de Sétif. Poste qu'il occupa jusqu'à sa mise à la retraite en 1966.

I lfaut dire que la tache n'était pas du tout aisé pour remettre en marche les usines, car les  caisses étaient vidées pour l'achat des matières premières , la paye des ouvriers, et le matériel usé.  Malgré cela, il a remis en marche l'appareil productif et assuré  l'approvisionnement des populations en semoules et farines.

Il fut en outre membre de plusieurs associations caritatives, et de bienfaisances. Il s y consacra à aider les pauvres et le démunis.

       Durant les dernières années de sa vie ; il tenait  tant à assister au mariage de son petit fils Smail qu'il avait élevé. N'ayant pas eu de descendance male,  il tenait à lui choisir épouse et faire  la  fête de sa vie. Il organisa une grandiose cérémonie à Sétif en juillet 1967 à laquelle il avait  convié toute la ville de Sétif.  Une seconde fête était organisée un mois plus tard  au village Ait Saïd.

Dieu lui prêta vie jusqu'à la naissance d'un arrière  petit fils.  Ce qui le rendit très heureux et combla sa vie.

En 1969, il entama sans informer les siens des formalités à  l'obtention d'un passeport pour le pèlerinage à la Mecque ;  de peur de le dissuader de renoncer à son projet, vu son age avancé, et la fatigue  qu'il ressentait à cette période.

Il l'obtient après un difficil parcours une place au pèlerinage ;  les médecins lui ont délivré difficilement le certificat médical

A la Mecque, il avait accompli tout le rituel complet de son pèlerinage. Après le sacrifice d'Ibrahim (mouton à  sacrifier),  il se rendit à la mosquée pour la prière de El âaser. Il rendit l'âme en prière  le front au sol ;  à l'intérieur de la grande mosquée.  C'était le jour de l'Aïd El Kabîr.

Ila été enterré  au  mont Djebel Arafat le 17 février 1969 à l'age de 89 ans. Parmi les saints et les compagnons du prophète  QSSL.

Au retour de ses accompagnateurs de pèlerinage ;  ceux-ci informèrent sa famille que depuis Sétif au moment ou il avait préparé  son départ ; et durant son pèlerinage il ne cessait d'implorer dieu  le tout puissant de finir ses joursenterré en terre sainte

Dieu a exaucé ses vœux.  Lui qui n'a consacré sa vie qu'au bien.

                                                                                              Son petit fils   SMAIL

 

 ¨ Sa fille  FERROUDJA : Née le 24. 03.  1933  à  Ait Saïd

Décédéele 07.  07  1963  à  Ait Saïd

Des suites  des traumatismes de tortures   qu'elle a subie durant la  guerre d'indépendance                                                                                

¨  Sa femme Née AMARA  Melkheir  Née le 19.  02.  1989 à AitSaïd

Décédéele 13.  12.  1979  à  Sétif

 

 

 

 

 

1938 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

×