Lakhdar Ait Lhadj (SADAOUI Lakhdar )

Né 12.01.1933  au village  Ait Said, tombé au champs d'honneur le 23.02.1961   

Marié à Djedjiga Ait Oubessai, il avait laissé une fille, Zahoua.      

        M re et fille1Un valeureux moudjahid, grand farceur et démagogue,  il était très estimé par les gens.

Très tôt orphelin, il était élevé, lui et sa famille par son oncle Hadj Idir. Famille très nombreuse ou chacun prend une place bien définie.

Il n’avait jamais fréquenté l’école d’Ait Ikhlef, la seule dans la région. A quoi bon envoyer les enfants  perdre leur  temps à l’école, alors qu’ils étaient  plus utile aux champs.

Les seules activités qui s’offraient aux jeunes, à l’époque, étaient l’agriculture, l’élevage  et l’émigration. L’émigration, il n’était pas question pour lui,  puisque ses deux frères  ainés, Rabah et Mohand, étaient déjà partis.  Jadis on laissait  toujours un homme pour s’occuper de la maison. Il ne lui restait  donc que les travaux des champs et le troupeau de chèvre  et de mouton. Très peu pour quelqu’un  de fougueux et de dynamique, il lui fallait  de l’exercice et  se mouvoir avec les  humains et non avec les animaux.

Avec les premiers mouvements de la révolte, pour réclamer l’indépendance de l’Algérie, les jeunes commençaient à s’agiter. Mais on ne rentrait pas aussi facilement dans le mouvement révolutionnaire. Les premiers maquisards de la région se comptaient sur les doigts d’une seule main. L’occasion lui avait été donnée par son cousin et beau frère Ferhat. Premier Maquisard du village Voir témoignage. Lakhdar pouvait enfin se lancer  corps et âme dans la bataille. Mais dans l’immédiat, il n y avait pas grand-chose à faire.

Toute la grande famille Ait Lhadj s’occupait de Ferhat. Il fallait l’entretenir et le protéger, rôle dévolu en premier à Lakhdar, il était son agent de liaison. On lui avait aménagé plusieurs caches. La première dans la maison actuelle d’Omar Ait Lhadj, la seconde dans la maison d’Arezki et la troisième dans la maison  de Faroudja Lhadj Boudjemaa (mère de Salem Outahar). Voir témoignage  

Les hommes de la famille creusaient le sol et les femmes sortaient la terre, la disperser dans les champs environnants. Imaginez toutes les précautions à prendre car ils habitaient au centre du village tout prés de la fontaine principale, l’endroit était animé tout le temps, très rare les gens qui étaient au courant de la situation de Ferhat.

Les caches creusées en sous sol  n’étaient pas très efficaces. Elles étaient inondées à chaque pluie, on les avait abandonnées pour une autre cache, aménagée dans  un espace entre les maisons, tout autour de l’ancienne maison de Salem Outahar.

Lakhdar était l’agent de liaison de Ferhat. Quand celui-ci était appelé à rejoindre l’ALN, loin du village, il fallait le remplacer. Lakhdar était tout indiqué, malheureusement il ne savait ni lire ni écrire, il ne pouvait assumer convenablement sa mission. On lui avait donc adjoint un secrétaire en Salah Ait Hamouche. Ils étaient les responsables du village, chargés de la collecte des fonds, de la reception et de l'entretient des moudjahidines de passages. Il  fallait leur préparer le gite et le couvert, veiller à leur sécurité etc... Il faut être en liaison permanent avec les supérieurs, acheminer le courrier et organiser les agents de liaison.

Quand une première fois la cache était dénoncée, les militaires avaient fouillé et creusé partout et étaient tombés sur les caches abandonnées  et avaient pensé que les moudjahidines avaient fui et n’avaient pas poursuivis les recherches, alors que les mousseblines étaient juste à coté dans la nouvelle casemate. 

Quand le gouvernement colonial organisait un vote, la consigne était au boycott et les femmes du village pourchassaient les organisateurs, qui venaient avec leur boite, à coup de pierres. Lakhdar en grand démagogue venait les encourager et les féliciter. Ils leurs disait que c’est du haut des  montagnes de Michelet qu’on  vous  observait avec des jumelles et que nous sommes très fiers de vous, vous êtes l'avenir de l’Algérie.

Quelque mois  après, le village était investi, on avait installé une caserne dans les maisons actuelles de Ferhat Ait Ougawa et les maisons de Ferhat et Amara Ait Lhadj. On avait isolé le village avec du fil barbelé. On avait déjà regroupé dans notre village, celui  d’Ait Iken et d’Iguersafen, situés à la périphérie d’Adrar et de la forêt d’Akfadou, qui étaient des zones interdites. Le but était d'isoler les maquisards de la population, afin de leur couper les vivre. Personne ne pouvait entrer ou sortir du village. Il y avait deux portes une vers Ibekaren et une deuxième vers Ibouyisfen, elles étaient gardées en permanence par des vigiles qui signalaient tout mouvement. On réalité ceux gens là surveiller plutôt les mouvements des militaires.

La caserne du village était située en vis-à-vis de la cache.

Pc wilaya iiiPc w iiiMalheureusement pour la seconde fois, la vraie cache qui servait maintenant de PC au commandant de la WIII, le Colonel Mohand Oulhadj, lors de la fameuse Opération Jumelle. Voir témoignage de Mr MEKACHER Salah « Au PC de la Wilaya III », était dénoncée.

Un jour, sans que personne ne s’y attendait, le village était investi par plusieurs sortes de militaires et des hélicoptères tournoyaient au ras des toits. La cache était donnée. Il y avait à l’intérieur Lakhdar et Saleh Ait Hemmouche

L’indicateur était dans l’hélicoptère, les militaires avançaient vers la cache. Les occupants avaient juste le temps d’évacuer au plus vite par les toits. En face il y avait sur la guérite une sentinelle, un jeune appelé Sénégalais. Il les avait vu sortir, mais au lieu de tirer et avertir les soldats au sol, il avait, parait il, préféré détourné le regard, cela leur avait permis de rentrer dans la maison de Amar Agawa. Celui-ci les avait fait rentrer dans l’ADAYNIN ou il y avait une vache prête à vêler. Dadda Amar la piquait et frapper, elle  était tellement stressée et effrayée qu’à la vue des militaires,  qui fouillaient les maisons, elle ne les laissa pas s’approcher, si bien qu’ils avaient renoncé. Et pour dérouter les chiens on avait répandu du poivre noir dans la cour.

La cache découverte, les soldats avaient saccagé les maisons tout autour. Les aliments jetés à terre, les effets personnels livrés au vol. Quant aux personnes : Ouardia Lhadj Boudjemaa, ses deux filles et la femme de Salah Ait Hamouche, elles  étaient embarquées dans un hélicoptère vers le camp militaire en plein forêt d’Akfadou, le jeune Salem était laissé errant au village. La famille de Lhadj Hend Ait Ali Oussaid était arrêtée et exilée au village Ibouyisfen.

 

St le chouhada a skazalSt le pour pr sentation350x180Quelque temps après Lakhdar et Salah avec quelques hommes de confiance reconstituait une autre cache à Ouakhlil  à mi-chemin d’d’Azaghar, là ou avait péri  Arab Ait Ali Oussaid ( voir témoignage) et c’était là justement ou la mort attendait Lakhdar et ses compagnons d’infortune.

Lakhdar disait toujours que jamais les français ne l’auraient vivant. En effet,  cette cache était donnée aussi. Après plusieurs tentatives de les faire sortir les mains en l’air, Lakhdar et quelques compagnons avaient refusé de sortir, les soldats leur avaient jeté une grenade qui les avaient déchiquetés. Ils sont enterrés sur le lieu même.

Tout le monde l’aimait, il savait galvaniser les gens. Il était toujours entouré, surtout par les femmes auxquelles il  racontait les exploits des moudjahidines. Il  leur disait toujours, vous  êtes l’avenir del’Algérie. Quand on aura l’indépendance, vous allez aller à l’école, vous travaillerez  et conduirez des voitures. Tous ses vœux étaient tous exhaussés

Linda sa petite fille et Abdennour

Voir témognage de Smail Ait Ali Oussaid

 

Voir hommage rendu aux chouhada : http://lebouzeguenepost.com/news/news-0-1253+hommage-a-rachedi-mohand-ou-lounis.php?com=0

 

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